Lors de nos recherches généalogiques nous cherchons de percer le voile du temps et d’avoir une image du quotidien de nos ancêtres. Plus nous remontons dans le temps, plus cette tâche est malaisée.
Pendant les recherches, une question apparaît rapidement : où vivaient réellement nos ancêtres ?
Dans quelle maison habitaient-ils ? Possédaient-ils une terre ? Où se trouvaient leurs champs, leurs vignes ou leurs autres propriétés ? Et, lorsque le village a changé, est-il encore possible de retrouver aujourd’hui l’emplacement de ces biens ?
Les fonds cadastraux constituent, dans ce domaine, une source particulièrement précieuse.
Ils permettent en effet d’aller au-delà des noms et des dates pour retrouver une réalité géographique et matérielle : une maison, une parcelle, une propriété, un lieu de vie.
Selon les périodes et les territoires, les documents cadastraux permettent notamment de retrouver :
- les propriétaires d’une maison ou d’une parcelle ;
- la localisation précise d’un bien ;
- la nature de la propriété : habitation, terrain agricole, vigne, étable, cour, magasin, etc. ;
- la superficie et parfois les caractéristiques du terrain ;
- les références cadastrales permettant de retrouver une parcelle sur un plan ;
- et, lorsque les documents se complètent, l’évolution d’une propriété au fil du temps.
Ces informations prennent tout leur sens lorsqu’elles sont mises en relation avec les actes d’état civil et les autres sources généalogiques.
Le cadastre peut alors permettre de passer du nom d’un ancêtre à son environnement réel.
Si les premières expériences de cadastre parcellaire remontent au XVII siècle, nous parlerons ici de la période de la restauration et des Etats Pontificaux (Généalogie italienne et géographie) et ensuite de nos missions de terrain dans le Frioul.
Le Catasto Gregoriano dans les anciens États pontificaux
Plus particulièrement, le Catasto Gregoriano, fut prévu dès 1816, mais fut finalisé seulement en 1835.
Ce cadastre était organisé en trois parties : « mappe » (plans), « mappette » (petits plans), et ensuite « sommarioni », registres des propriétaires. D’un point de vue territorial, toutes les communes des Etats Pontificaux sont recensées, organisées sur une base départementale.
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Sommarione de la Commune de Chiaravalle.Concrètement, pour chaque communauté, nous avons le plan de la ville. Tout le bâti y est renseigné. Les habitations de chaque rue/ place sont numérotées.

Ensuite, dans les registres nous trouvons, rue par rue, la liste des propriétaires (et non pas des locataires), avec indiqué le numéro de la maison (attention, ce numéro se réfère aux numéros des parcelles, non pas aux numéros de la voie), la nature du bien (habitation, maison en location, magasin, auberge, cour, étable etc) et d’autres éventuelles mentions.

A chaque réalité territoriale sa particularité : par exemple à Rome, les biens immobiliers de l’Eglise et des ordres étaient nombreux. Il était donc très fréquent que les habitants étaient seulement locataires et non pas propriétaires des maisons qu’ils habitaient, qui appartenaient à l’un des nombreux ordres religieux représentés dans la capitale des Etats Pontificaux.
Dans le Frioul, retrouver les terres et les maisons de nos ancêtres
Les recherches cadastrales prennent une dimension particulièrement intéressante dans le Frioul, où les évolutions administratives du territoire ont laissé des fonds permettant de remonter loin dans l’histoire des propriétés.
J’ai ainsi mené plusieurs recherches dans les fonds cadastraux, et notamment dans le cadastre dit autrichien.
Ces recherches peuvent conduire à des résultats très concrets.
À partir d’un ancêtre identifié dans les sources, j’ai déjà retrouvé (après des heures de recherches d’archive sur place) les parcelles qu’il possédait ou exploitait, puis de la localiser précisément sur un plan cadastral.
Dans certains cas, la recherche permet également de retrouver l’habitation d’une famille, de déterminer son emplacement et de mettre en relation cette maison avec les autres informations connues sur la famille.
Ce travail permet ainsi de reconstituer une partie du territoire familial : les maisons, les champs et les autres terres qui constituaient l’environnement quotidien de nos ancêtres.
Et lorsque ces parcelles existent encore aujourd’hui, leur localisation peut parfois être confrontée au paysage actuel.
Du document ancien au lieu réel
C’est sans doute l’un des aspects les plus intéressants de ces recherches.
Un acte nous apprend qu’un ancêtre est né, s’est marié ou est décédé dans une commune.
Le cadastre peut aller plus loin et permettre de répondre à une autre question :
où était-il réellement ?
Une parcelle n’est pas une simple ligne dans un registre, mais elle correspond à un emplacement précis sur le territoire.
Une maison indiquée sur un plan ancien peut parfois être replacée dans le village actuel.
Un ensemble de parcelles peut également donner une image beaucoup plus concrète de la situation familiale : une maison, quelques terres agricoles, une vigne ou d’autres biens répartis autour du lieu d’habitation.
Pour une recherche généalogique, ces éléments peuvent apporter une nouvelle dimension à l’histoire familiale.
Et parfois, la recherche se poursuit sur le terrain
Les recherches généalogiques ne s’arrêtent pas nécessairement aux documents conservés dans les archives.
Lorsque les sources permettent de localiser un bien, la recherche peut se poursuivre sur le terrain.
C’est notamment le cas dans certaines recherches menées dans le Frioul.
Après avoir identifié et localisé une parcelle ou une habitation dans les documents, il devient possible de confronter cette information au territoire actuel.
Le paysage a bien sûr changé. Les parcelles ont parfois évolué, les bâtiments ont pu être transformés ou détruits. Mais cette confrontation entre les documents anciens et le terrain permet souvent de constater une continuité entre le territoire d’autrefois et celui que nous connaissons aujourd’hui.
Elle permet surtout de redonner une réalité géographique à une histoire familiale qui, autrement, resterait limitée à des dates et à des noms.
Retrouver les propriétés d’une famille.
L’intérêt d’une recherche cadastrale est de retrouver un lieu, identifier une propriété, localiser une parcelle, retrouver une habitation et, lorsque cela est possible, replacer ces éléments dans leur environnement actuel.
Ces informations peuvent également ouvrir de nouvelles pistes de recherche.
La localisation d’une maison peut permettre de mieux comprendre la présence d’une famille dans un village. Les parcelles d’un propriétaire peuvent renseigner sur son patrimoine et son environnement économique. Les propriétés voisines peuvent parfois conduire à retrouver des parents ou d’autres membres de la communauté familiale.
Le cadastre est donc une source à part entière, permettant de faire le lien entre les personnes et les lieux.
Cette approche est particulièrement précieuse pour aller au-delà d’un simple arbre généalogique et comprendre davantage la vie de ceux qui nous ont précédés.
Dans certaines recherches, il est ainsi possible de retrouver non seulement l’ancêtre, mais également l’endroit où il vivait, les terres qu’il possédait et une partie du territoire dans lequel s’inscrivait sa vie familiale.
C’est cette rencontre entre les archives, les cartes anciennes et le territoire actuel qui permet parfois de faire véritablement revivre une histoire familiale.
Vous recherchez vos ancêtres en Italie et souhaitez aller au-delà d’un arbre généalogique ? Une recherche peut notamment porter sur les maisons, les propriétés et les terres de vos ancêtres, lorsque les sources disponibles permettent de les retrouver et de les localiser.
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Liste (non exhaustive) de patronymes déjà étudiés.
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